Exposition 2017 de la Ligue

Peintures de AART ELSHOUT                       "AQUA MUNDO"                        au Carmel   Tarbes                              du 7 novembre au 15 Décembre 2017

Avec l’eau, pour ce projet d’exposition, je me suis retrouvé avec mes recherches comme dans un labyrinthe, surtout au début : parfois on n’avance pas, j’étais parti sur l’image d’une rivière (la Garonne) ; mais il ne fallait pas rester dans la figuration pure, l’imitation, sinon on bute contre l’image d’une rivière…

 

Dans les cours d’eau, ce n’est pas l’eau elle-même qui est la plus attrayante, c’est la vie qui est autour et qui meurt… L’eau c’est transparent, c’est fluide, ça n’a pas de couleur : c’est l’extérieur et tout ce qui est autour qui donne une couleur et une forme à l’eau. Si on ne prend pas le temps de s’immerger dans les grandes peintures de cette exposition, on pourrait n’y voir qu’une peinture abstraite avec des épaisseurs de matière et des variations de couleur. Ce sont des paysages d’eau, sans ligne d’horizon, sans reflets visibles d’arbres ou de ciels. Il y a pourtant cette idée, à travers les grands formats dans lesquels le regard est happé, fasciné, de donner à voir l’énergie de l’eau.

 

Pour moi « l’âme de l’eau », c’est l’identité profonde, cachée et néanmoins essentielle de l’élément Eau, qui s’appréhende avec le ressenti et l’intuition en développant une « vision profonde », comme disent les bouddhistes. Cela inclut donc cette notion d’énergie, mais aussi de nature essentielle.

 

             Aart Elshout

 

au Carmel de Tarbes  en 2016 : Marie-Claude CAVAGNAC

LES ESPACES VIBRANTS de Marie-Claude CAVAGNAC

 

Chacun sait que l’écorce terrestre n’est pas homogène et qu’elle est constituée de plaques qui flottent à la surface et qui dérivent en s’accolant. Et que c’est le mouvement à l’intérieur du manteau terrestre qui en est le moteur. D’emblée, on est saisi devant les toiles de M.C. CAVAGNAC par des mouvements semblables ; par une telle dynamique et par une énergie sans faille. Ces formes tectoniques, ces sèves en travail, ces emprises nettes de la terre créent des espaces vibrants où les formes échappent souvent à la figuration par une évolution continuelle et naturelle du travail;  tout en conservant quelques éléments toujours repérables.

Voici une peinture qui redonne force et puissance à ce qui a été vu par l’artiste ne serait-ce que pendant un instant. Sa poétique rejoint parfaitement SOULAGES, le grand voisin aveyronnais, quand il affirme que l’espace est la dynamique de l’imagination.

M.C. CAVAGNAC prépare elle-même ses couleurs : pigments et résines acryliques. C’est qu’elle est en recherche, au-delà de couleurs brillantes et séduisantes,  de tons amortis,  de couleurs mates en cohérence avec les forces minérales et végétales ascendantes. Et l’harmonie produite vient en écho d’une symphonie terrestre que produisent les grands espaces comme ceux de l’AUBRAC. Surtout quand les couleurs se superposent sans se nier totalement. Sous la peau apparente, il y a une autre vie qui pourrait sourdre. Le travail de la matière est ici essentiel et qui, certainement, dirige la construction : « C’est la matière qui décide, pas la théorie » (J.M. STRAUB).

Cette terrienne qu’est M.C. CAVAGNAC, nous offre avec beaucoup d’authenticité un espace vécu, éprouvé, testé, dans une expérience poétique singulière et indissociable de ses couleurs de ses formes, de ses matières. C’est en quoi, elle témoigne d’une humanité contagieuse.

                                                                                             René TRUSSES   Août 2016

Comme chaque année, la Ligue animera un atelier en direction des scolaires au sein de l'exposition sur le thème : "Comment peindre l'espace ?" (dates et horaires des ateliers en cours d'élaboration)